Au cours des 15 prochaines années, une crise démographique frappera le Québec. D’ici 2020, il y aura environ 22 000 étudiants de moins dans le réseau collégial. Cette baisse sera suivie d’une hausse, jusqu’en 2027, de 27 000 étudiants. Dans 15 ans, il y aura donc plus d’étudiants dans le réseau collégial. Là n’est pas le problème. Pendant que la décroissance de l’effectif s’attaquera massivement aux régions ressources éloignées, la croissance, elle, profitera presque exclusivement aux grands centres.

Ainsi, un cégep comme Baie-Comeau perdra 30 % de son effectif. Gaspé et Matane, 20 %. Saint-Félicien, 15 %, tout comme Chicoutimi. La problématique se répercute aussi dans les régions avoisinantes des grands centres, qui deviennent des pôles d’attraction très puissants. Le cégep de Sorel, même s’il est près de Montréal et de Saint-Hyacinthe, sera l’un des cégeps les plus touchés par cette crise démographique.

Ce qu’on constate, c’est que le déséquilibre s’accentue, et que des villes pourraient assister, d’ici 15 ans, à la fermeture de leur seul établissement d’enseignement supérieur, à la fermeture de leur cégep.

La pertinence du réseau collégial n’est plus à démontrer. Ce réseau permet au Québec d’assurer un développement régional tant au niveau social qu’économique, que ce soit par la formation technique, qui forme les travailleurs, ou la formation générale, qui forme des citoyens. Les cégeps s’arriment aux réalités de leur milieu et sont en mesure d’y répondre concrètement. Nous ne pouvons, collectivement, cautionner leur décrépitude.

Bien sûr, plusieurs solutions sont possibles. À la Fédération, nous croyons que le premier pas à franchir, c’est l’élaboration d’un programme de mobilité étudiante. Il faut, avant de se lancer dans une quelconque réforme, assurer la vitalité du réseau. Autrement, toutes réformes pourraient s’avérer improductives, voire inutiles.

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