Par : Jason St-Amour et Dominik Boudreault Lapierre

Le 22 et 23 février, des journées de réflexion sur les trajectoires scolaires et sociales des étudiants gradués de l’Institution Kiuna se tenaient dans la communauté abénakise d’Odanak. Lors de ces deux journées de réflexion portant sur l’avenir et l’espace qu’ont les communautés autochtones en enseignement post-secondaire, plusieurs éléments ont attiré notre attention. Des étudiants ayant pris parole lors des panels ont souligné le manque de soutien qui les ont amenés à décrocher dans le passé. C’est à Kiuna qu’ils ont tous pu réussir leurs études collégiales, puisque l’Institution leur offrait le soutien et les services qu’ils avaient vraiment besoin.

De cette prémisse, une autre réalité importante a été énoncée par les étudiants et les acteurs du milieu : le manque d’investissement des gouvernements aux communautés autochtones impacte le soutien financier offert aux étudiants par leur conseil de bande. En effet, il a été soutenu que les fonds distribués par le gouvernement fédéral sont devenus insuffisants, dû au fait que les sommes n’ont pas augmenté depuis plusieurs années, et que les demandes pour les obtenir sont de plus en plus nombreuses. Nous nous retrouvons alors dans une impasse : nous voulons accroître le nombre d’étudiants autochtones en enseignement supérieur, mais nous ne leur donnons pas les moyens d’avoir accès à nos cégeps et à nos universités. L’appel à l’action et à l’investissement s’est fait par un cri du cœur de plusieurs gradués et d’intervenants du milieu. Ils ont tous réitéré qu’il est plus que temps de mettre davantage de moyens financiers en place afin de permettre aux étudiants de compléter leur diplôme sans se voir couper le financement à quelques pas de la ligne d’arrivée. En effet, plusieurs ont vu leur aide monétaire coupée parce qu’ils avaient atteint le nombre maximal de sessions financées, établi à 6, soit une année d’intégration et deux années pour compléter leur programme collégial. Néanmoins, puisque plusieurs d’entre eux débutent leurs études au sein d’établissements allochtones où il y a peu de soutien, ils échouent. Par la suite, en se dirigeant vers Kiuna, ils disposent enfin des moyens et du soutien pour réussir, mais comme ils ont déjà épuisé une ou deux sessions disponibles, certains problèmes pécuniaires se dressent devant eux. Pour plusieurs, un stress s’installe alors qu’ils se verront peut-être en détresse budgétaire avant de finir leurs études. La volonté d’atteindre les études post-secondaires est présente, mais si tous les moyens ne sont pas mis en place, les résultats sont vains.

Les différents fonctionnaires présents ont donc été appelés à poser des actions afin d’accroître le potentiel de l’ensemble des étudiants autochtones. Pour ce faire, ils étaient unanimes : il faut un financement adéquat et pérenne. Le gouvernement fédéral, qui est responsable de ces bourses, doit alors réinvestir. Reste aujourd’hui à voir si M. Trudeau a un réel désir d’améliorer les conditions des communautés autochtones. La balle est maintenant dans leur camp, mais pendant ce temps, les communautés continueront d’appeler haut et fort à l’action. La FECQ sera toujours présente pour les soutenir, et salue tout le travail accompli par l’Institution Kiuna et le parcours des gradués, qui sont des leaders d’aujourd’hui et de demain.

Outre le manque de ressources des parcours d’études des jeunes autochtones, d’autres enjeux ont été mentionnés par les gradués de Kiuna. Le ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur (MEES) ayant annoncé la tenue d’un forum au printemps sur l’inclusion des autochtones dans le réseau, les nations, les groupes et les organismes autochtones seront appelés à porter leurs luttes à la table des discussions. Le processus d’organisation du forum est en cours, nous aurons donc éventuellement davantage de détails sur les thèmes qui seront abordés. L’objectif de ce forum est d’en arriver à une stratégie du MEES pour les étudiants autochtones, découlant de la politique gouvernementale du Secrétariat aux affaires autochtones

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